Nous vous donnions nos conseils pour réussir une première visite avec un client. Un de nos conseils était: donner vos idées et votre vision du projet. Mais est-ce vraiment une bonne idée ?

Nous l’avons entendu souvent : « je ne donne aucune idée tant que je n’ai pas signé de mission. ». Voici pourquoi chez BAM nous pensons que pensez cela est contre-productif.

Sur quoi vous juger si ce n’est pas sur vos idées ?

Il est clair que le premier RDV avec un client doit être considéré comme un RDV commercial. Il s’agit ici pour le client de sonder son interlocuteur, essayer de se projeter, voir s’il a envie de travailler avec lui. Le client va prendre sa décision en analysant l’expertise de son interlocuteur, ses idées et l’adéquation entre son besoin et vos réponses. Or comment juger de ces trois critères si vous ne voulez pas dévoiler votre expertise et vos idées à ce premier RDV ?

Ne pas jouer le jeu de donner sa vision du projet revient à faire penser au client trois choses :

  • Soit que vous n’avez pas assez confiance en lui pour lui donner quelques astuces et l’aider à se projeter dans son projet. Soyez sûr qu’il n’aura en retour pas confiance en vous pour vous confier son projet.
  • Soit que vous n’avez pas d’idée ou que vous n’êtes pas assez force de proposition auquel cas il ne vous confiera pas son projet et pensera que vous n’êtes pas si bon architecte.
  • Soit il se dira qu’un architecte n’apporte pas de plus-valu par rapport à une entreprise générale et préférera passer directement par une entreprise qui lui aura donner quelques conseils d’aménagement…

Dans les trois cas de figure, aller à un RDV sans se dévoiler ne sert absolument à rien. Autant ne pas se déplacer…

Existe-t-il un risque de se faire voler ses idées ?

Vient alors la grande question : Existe-t-il un risque de se faire « voler » ses idées ?

Imaginons la situation dans laquelle vous avez une idée géniale d’aménagement ou solution technique que personne avant vous n’avez vu et que le client trouve excellente.

Deux solutions sont possibles :

  1. soit le client a vraiment apprécié votre proposition et de fait se dit que vous êtes un très bon architecte et décide de travailler avec vous. Vous remportez le projet.
  2. Soit le client se dit que vous avez de très bonnes idées mais pour une autre raison décide de ne pas travailler avec vous (il a préféré un autre architecte, il a décidé de prendre une entreprise générale directement…). Vous n’avez pas le projet. C’est dommage mais posez vous la question de ce que vous avez perdu en proposant une idée.

Du temps ? Non car vous avez déjà fait le déplacement et développer une idée, même si cela dure 30 min de plus, est bénéfique car cela permet d’avoir un dialogue avec le MOA, de tester un discours et de défendre ses idées.

Votre réputation ? Non au contraire, le client a certainement du vous trouver très bon et c’est toujours très profitable pour votre réputation de donner une bonne impression, peut importe la suite donnée au projet.

Une idée ? Oui peut-être mais que vaut une simple idée si elle n’est pas travaillée, développée, testée ? Cela ne vaut pas grand-chose… vous auriez peut-être changé d’idée en cours de route 😉

Etude d’un cas réel :

Un client avait sollicité BAM pour rénover deux appartements : un 50m² et une mansarde de 30m² juste au dessus. Budget annoncé : 60 000€.

Nous étions allé aux deux 1er RDV avec les deux agences que nous avions proposé.

Le premier RDV s’était bien passé mais les architectes étaient restés en retrait et avaient proposé très peu de choses, très peu de solution pour revoir le plan de l’appartement. La discussion était surtout resté autours du budget qui était effectivement trop faible. Le RDV dura 40 min et je n’avais pas senti le MOA très emballé par le RDV.

Puis le deuxième architecte est arrivé. Après une prise complète du besoin auprès du client, l’architecte s’est très vite intéressé à l’état de la structure démontrant une expertise certaine pour ce type de projets. Ensuite il a proposé oralement de premières solutions pour l’aménagement des deux appartements dans le sens de ce qu’avait imaginé le MOA. Puis  en fin d’entretien il proposa une option pas du tout envisagée par le MOA : relier les deux appartements et créer un duplex en lui annonçant que le budget nécessaire serait bien sur supérieur. Après avoir rejeté tout de suite hypothèse le MOA est revenu sur sa position et a redemandé à l’architecte de chiffrer cette option. Le client à choisi cet architecte et cette option duplex en passant d’un budget de 60 000€ à 130 000€.

Chez BAM nous étions scotché par cette démonstration. Les travaux sont bels et bien finis et le client est heureux de ce nouveau duplex !

Pour nous donner une idée ne comporte aucun risque, que vous ayez ou non le projet, cela ne peut être que bénéfique pour vous et la profession d’architecte…